2008
« Wiyo ».
C'est avec cet album « Wiyo » (comprenez : "What Is Your Opinion") que Thierry Gauliris ( leader de Baster ) fête ses 25 ans de carrière. Du "reggae à sa façon", fidèle à lui-même, et puis des nouveautés comme la collaboration avec le chanteur Cali et l’africain Tiken Jah Fakoly.
Collaborera également sur cet opus Ludovic N’hollé qui n’est autre que l’actuel batteur de Tiken Jah Fakoly.
"Enfant d'la balle", c'est du BASTER que l'on ne connaissait pas, avec un texte écrit par Audray Gauliris-Sangoumian, qui réunit Thierry Gauliris et Cali autour de cette chanson dénonçant ces guerres qui déciment tant de vies.
Séduit par la couleur musicale du groupe, Cali s'est retrouvé dans le combat de ce dernier qui va maintenant au-delà de la défense de la culture et de la langue réunionnaises.
Soutenu par une bonne production, "WIYO " c'est aussi 10 autres chansons qui nous font voyager sur des rythmes festifs et joyeux entre rêve, espoir, et la dure réalité.
2007
« Du Passé Au Présent ».
Ce nouvel opus réalisé à partir de chansons essentielles du répertoire du groupe se positionne comme un trait d’union entre le groupe BASTER tel qu’il a été conçu dans ses débuts avec cette ambiance familiale, ses accents militants, sa fraîcheur et ses imperfections. Et le groupe BASTER tel que le public le rencontre aujourd’hui, avec cette nouvelle énergie, cette maîtrise de la scène et la maturité d’un groupe de musiciens expérimentés.
« Du Passé au Présent » met en avant l’évolution des titres et leurs arrangements, l’évolution du groupe vers des sonorités et influences extérieurs, mais surtout l’évolution musicale de son leader Thierry GAULIRIS.
Les multiples rencontres, les déplacements sur un grand nombre de scènes en Europe, en Afrique, dans l’Océan Indien, en Jamaïque et même aux Etats-Unis ont forcément modifiés la façon d’aborder la musique pour le groupe BASTER. Ceci s’est effectué avec une constante, « l’ancrage du groupe dans le patrimoine local ».
Ainsi, quinze titres sont revisités pour notre plus grand plaisir :
LEV TE – TI GALET – MARMAY LONTAN- DERAPAZ – MON LEME – MANZEL VODOU – LORIZON KASE – SERVIS KABRE – MON LIBERTE – TER LABA – PESHER – MON PEI – BAL ZETWAL – ROU ALI – SOLEY.
Ces chansons ont été totalement réenregistrées avec une approche plus moderne des arrangements, notamment par l’ajout de cuivres, soutenues par une production plus ouverte à l’international.
2006
A l’été 2006 le groupe part pour une longue tournée en métropole pour promouvoir l’album « LEV » et rencontre un public toujours plus nombreux notamment dans les festivals de Carcassonne ou encore à LYON au cours d’un festival reggae.
C’est au Cabaret Sauvage de Paris que le groupe fait son concert Parisien. Le public accueil le groupe avec ferveur. France ô enregistre le concert pour la les stations de RFO, mais malgré les nombreux efforts l’accès au grand média nationaux reste difficile.
C’est ensuite dans le Sud de la France que le groupe termine sa tournée notamment à Bordeaux (le CAT), Montpellier (festival de Gignac), Marseille (poste à galène), avec toujours autant d’engouement.
De retour à la Réunion Thierry Gauliris prépare deux projets importants. Celui de produire un jeune groupe Réunionnais découvert l’année auparavant « Tibwa » et réfléchi à la sortie d’un album répondant aux aspirations locales de renouer avec les premiers titres de Baster qui ont constitués le socle du succès du groupe, mais appartenant à une époque aujourd’hui derrière le groupe. C’est donc un projet où Baster remettra en avant ces chansons mais dans une configuration plus moderne avec une approche musicale plus professionnelle
2005
Le groupe Baster sort son album « LEV » avec 12 nouvelles chansons et un titre qui se démarque « GAYAR LE LA » une chanson qui rend hommage aux nombreux artistes réunionnais de référence, comme « Gramoun Lélé » « Gramoun Baba » « Pierre Rosely » ou encore « Maxime Laope » disparus ces dernières années.
Cet album marque également une approche musicale assez nouvelle pour Baster, sans doute une période de transition pour le groupe qui tout en gardant son ancrage traditionnel, prend une direction musicale ouvrant encore plus vers les sonorités extérieures. Son leader Thierry Gauliris, n’hésite plus à chanter en français sur certains titres.
L’arrivée de la nouvelle équipe de musiciens renforce le sentiment de virage pris par Baster. Le groupe continue son chemin en métropole et renforce le réseau dans lequel il s’insère régulièrement. Mais le chemin est encore long …
2004
C’est l’année de la refonte du groupe, avec un renouvellement quasi-total des musiciens qui ont accompagnés Thierry Gauliris depuis 1998.
L’arrivée d’une nouvelle équipe donnera une énergie différente au groupe qui repartira avec une dynamique plus professionnelle encore. La rentrée de cette nouvelle formation se fait en mai et une tournée en métropole est programmée en juin, puis au Mozambique et le groupe participera au festival créole de Rodrigue.
Dans le même temps Thierry Gauliris s’efforcera de faire émerger de nouveaux talents en produisant huit nouveaux artistes sur une compilation intitulée « ekout sa baba »
2003
Les 20 ans de BASTER sont marqués par une série de spectacles retentissants dans le département, joués à guichets fermés au théâtre de Plein Air à Saint-Gilles et rassemblant ainsi dans ce lieu magique plus de 5000 personnes. Un moment d’autant plus important que ce spectacle marque également la fin d’un cycle pour Baster.
C’est l’occasion de sortie une première compilation du groupe retraçant ces 20 ans de chansons à la Réunion et de mémoriser le spectacle de Saint-Gilles par une captation réalisée avec MORGANE PRODUCTION ET RFO TELE. De cette captation naîtra un DVD intitulé LIVE SIN ZIL et dans la foulée le CD du même titre.
2002
L’année 2002 est marquée par le voyage de Thierry Gauliris en Jamaïque, à Kingston, où le leader de la formation de Baster enregistre au Tuff Gong Studio de Bob Marley, aux côtés de musiciens prestigieux de la scène reggae internationale, 12 titres de son répertoire revisités au rythme du reggae. Une parenthèse de 10 jours, début janvier, qui ouvre de nouveaux horizons à Baster plus décidé que jamais à faire entendre sa voix dans le marché musical du monde.
D’ailleurs, en février, Baster lance également sur le marché réunionnais sa première production, “Kermès” de Jeannot Ramoune. Un album séga qui confirme ainsi la farouche volonté de Baster d’être non seulement l’un des acteurs primordiaux de la scène réunionnaise mais aussi l’un de ses plus actifs promoteurs ici et ailleurs.
En mars, le concert de Baster organisé au théâtre de Saint-Gilles fait donc naturellement la part belle au reggae et déchaîne littéralement les foules. L’album “made in Jamaïque”, “Kaf Gong Reggae” sort quant à lui au mois de juin, moins d’un an après la sortie de “Raskok”, et le succès est immédiatement au rendez-vous. Un succès qui entraînera la formation en tournée en France dès le mois de septembre tandis que Thierry Gauliris poursuit, lui, sa passion sans limites…
Une aventure décidément éclectique qui se poursuit sans relâche et dont nous vous donnerons ici régulièrement des nouvelles… Restez connectés !
2001
De Nouméa à Nossy-bé. Dans la continuité du travail réalisé sur la production du coffret “Baster Lespri, lo kèr, lo kor lé la « , Thierry Gauliris entame l’année 2001 au rythme de nouvelles compositions qui formeront l’essentiel du nouvel album de Baster, “Raskok”, prévu au mois d’août. Pour ce nouveau projet, Thierry fait appel à Pierre Hoarau avec qui il cisèle le moindre mot de ces nouveaux titres, et va même chercher l’inspiration en Nouvelle-Calédonie où sa sœur … a élu domicile depuis déjà plusieurs années. Une rencontre inoubliable avec un peuple kanak dont la forte identité culturelle n’est pas sans rappeler l’unité kréol prônée par Baster depuis sa création et omniprésente sur les nouvelles compositions du groupe.
Là-bas, au cœur d’une tradition vibrante, Thierry apporte donc avec sérénité les dernières touches à sa prochaine création et compose intégralement le titre “Madonaou” ainsi qu’un neuvième morceau qui ne figurera finalement pas sur l’album. De retour à La Réunion tout est fin prêt pour poursuivre l’aventure et le groupe entre en studio au mois de juin. Un mois d’enregistrement à Digital Studio qui sera entrecoupé d’une participation au Festival Dounia de Nossy-bé, à Madagascar. Une première participation à ce grand rendez-vous musical qui réunit 25 000 spectateurs pour un concert enflammé…
Comme on pouvait s’y attendre la sortie de “Raskok” au mois d’août est un succès et le concert de promotion organisé à La Ravine Saint-Leu réuni près de 3000 spectateurs et bien plus encore… C’est en effet le premier concert organisé à la Réunion qui est retransmis en direct sur Internet grâce au concours des responsables du site ipreunion.com. Un premier pas sur le net pour Baster qui poursuit à un rythme effréné les concerts de promotion jusqu’à la fin de l’année.
2000
Lespri, lo kèr, lo kor lé la. Une fois de plus l’année commence en fanfare pour Baster qui vient de signer un contrat de distribution de ses albums en métropole avec la société Night & Day.
Une étape supplémentaire dans son évolution qui lui permet d’envisager de nouvelles perspectives sur le territoire national.
Au mois d’avril le groupe renoue d’ailleurs avec le Festival de Musiques Métisses d’Angoulême et s’impose cette fois sur le plateau principal.
Il enchaîne ensuite avec le Festival de Charleville, où à l’instar de Manu Di Bango ou de Soldat Louis il fait partie des têtes d’affiche et multiplie ensuite les concerts en club où le public, de plus en plus nombreux, est une fois de plus au rendez-vous.
Mais l’an 2000 doit rester avant tout une année phare et symbolique. De retour à La Réunion, un projet passionnant reste en effet à construire… La réédition sur C.D. remasterisés des trois premières cassettes du groupe dans un coffret qui contiendra également un cédérom “interaktif”.
Une balise fondamentale dans l’histoire de Baster, qui donne lieu à un concert exceptionnel organisé le 9 septembre à Saint-Denis devant 4 000 personnes. 3 heures de spectacle intense en compagnie d’Alain Joron, le fondateur de Baster, Jean-André Joron, Jean-Claude Coupama dit “Carsi”, Jean-Émile Gauliris, Guyto Gauliris, Henriette Gauliris, Jean-Max Gauliris, Jean-René Ramoune et bien d’autres compagnons de route…
Un concert empli d’émotion qui permettra à la formation de garder les yeux tournés vers un avenir plein de promesses sans oublier son passé, un combat exaltant qui, au fil de rencontres et d’échanges avec un public de plus en plus nombreux (Baster participe encore une fois à la semaine internationale créole des Seychelles) , qui lui offre une carrière sans compromission dans le respect des valeurs qui lui ont donné le jour.
1999
Au Midem de Miami. Tandis que le succès de “Black Out” se poursuit l’année 1999 s’annonce d’ores et déjà rayonnante. Baster a programmé une tournée en métropole en avril, deux concerts au théâtre de plein air de Saint-Gilles en mai avec la présence très attendue de Tyrone Downie, un passage au festival de Musiques Métisses d’Angoulême, une participation très attendue au Midem America à Miami (USA), en première partie de Pato Banton, en juin et une tournée dans dix pays d’Afrique en septembre…
Malgré l’annulation d’un des deux concerts de Saint-Gilles pour cause de mauvais temps et quelques problèmes techniques navrants à Miami, ce programme exceptionnel se déroule comme prévu et le réveillon du siècle permet à Thierry Gauliris et à ses dalons de clôturer une nouvelle année en beauté. Baster sort un album Live en décembre pour célébrer ce fantastique “Black Out Tour 99”, et toujours à Saint-Pierre, en compagnie cette fois de Cassiya, le groupe mauricien le plus en vue du moment, et de Maalesh, un artiste comorien de génie, entre de plain-pied dans l’an 2000.
1998
“Black Out”. Année charnière, 1998 sera entièrement consacrée à la préparation du sixième album de Baster, “Black Out”, et à sa promotion. Tyrone Downie est venu à La Réunion spécialement pour l’occasion et au studio Oasis c’est l’euphorie… Sur des textes de Martine Seusse qui font la part belle aux difficultés d’une Réunion contemporaine, Thierry a composé de nouveaux titres plus inspirés que jamais.
Tyrone Downie réalisera deux d’entre-eux : “Black Out”, une exhortation sans complaisance à la reconnaissance du peuple noir sur un rythme afro-latin et “Gawé” un reggae mélancolique ayant pour thème l’exclusion.
En toute logique, “Black Out”, où l’on retrouve également l’esprit immuable du maloya, remporte un succès colossal et le groupe enchaîne les concerts et autres prestations à un rythme effréné. Depuis 97 Baster a en effet pris l’habitude de jouer également en club où il est plus proche du public et ce sont pas moins de 120 dates qui jalonneront cette année éblouissante dont l’apothéose sera le concert de célébration du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage (20 décembre 1848) organisé à Saint-Pierre et où Baster sera à nouveau en première partie du Zoulou blanc, Johnny Clegg…
1995/1997
“Mon Royom”. 1995 sera l’année de la sortie du cinquième album de Baster, “Mon Royom”. Thierry Gauliris a alors choisi le statut d’intermittent du spectacle et la démarche du groupe est plus que jamais professionnelle.
C’est l’album de l’ouverture, avec une reprise du titre “Ti Mamzel“ en reggae et avec une coloration plus jazz, en particulier sur le titre composé par Hugues Dalleau, “Kozmanker”. Pour cet enregistrement, le groupe est resté fidèle au studio Oasis et ne démord pas de son ambitieux objectif de devenir professionnel, malgré les risques inhérents à l’étroitesse du marché réunionnais…
En 1996 une rencontre importante viendra cependant conforter Thierry Gauliris dans ses choix. Érick Assani, sémillant animateur de l’émission “Kouler péi” consacrée à la musique locale sur Radio Est, accepte en effet de devenir le manager du groupe.
La priorité est immédiatement fixée sur l’exportation et les premiers contacts avec “Bernard Mokket” (aujourd’hui “Matoma Production” : tourneur des Wailers, de Candy Kane et de Buena Vista Social Club, entre autres) permet à la formation de poser les jalons de ses ambitions lors d’une nouvelle tournée dans l’hexagone.
L’occasion pour Baster d’effectuer la première partie de Toots and the Maytals au Grand Duc à Nantes et de forger de nouveaux espoirs.
De retour à La Réunion le public lui fait d’ailleurs un nouveau triomphe au théâtre de Saint-Gilles lors d’un spectacle inoubliable.
En 1997 les séries de concerts s’accélèrent, et après avoir effectué la première partie des Wailers à La Réunion à l’occasion d’un concert organisé en hommage à Bob Marley, ainsi que celle de Cheb Khaled, qui triomphe à l’époque avec “Aïcha”, Baster repart en métropole et en Suisse.
Neuchâtel, Montpellier, Paris, Mulhouse, Marseille, Toulouse, Bordeaux… Trois semaines de tournée qui permettent à la formation de retrouver les Wailers et Tyrone Downie au Hot Brass à Paris.
Arrangeur et réalisateur de nombreuses formations nationales et internationales, l’ex-clavier de Bob Marley est séduit par l’énergie de Baster.
Il aime la musique de La Réunion et accepte spontanément de réaliser certains titres du prochain album de Baster…
1991/1994
“Lorizon Kasé”. 1991 : Le succès de la musique locale est immense. Un concert magistral organisé dans un Stade de l’Est (Saint-Denis) archi comble réunit Ousanousava, Ravane, Danyel Waro, les humoristes Thierry Jardinot et Gérald Panechou et Baster dans une ambiance exaltée.
Le public réunionnais est prêt, désormais, à soutenir ses artistes et cet engouement incite Baster à aller encore de l’avant. Il est alors à un véritable tournant de sa carrière.
Plusieurs membres du groupe ont pourtant déjà renoncé à poursuivre l’aventure, comme Brigitte Joron,.Mais d’autres veulent progresser et, durant deux ans, Baster cherchera ardemment de nouveaux repères entre répétitions, concerts à La Réunion et à Maurice, et cours de guitare avec Fred Taquet.
Insidieusement, cependant, la famille se disloque et alors que Baster enregistre son quatrième album, “Lorizon kasé” (qui totalise aujourd’hui plus de 25 000 ventes), en 1992, la fracture devient inévitable.
Baster vient de donner le jour à son premier C.D. et pour la même raison qui a entraîné le groupe à changer de studio en cours d’enregistrement, passant du studio Piros à Oasis, - un besoin irrépressible de qualité – Baster vole en éclats.
L’esprit associatif n’est plus de mise et malgré la douleur de la séparation Nano et Thierry décident de faire survivre l’esprit du groupe.
De nouveaux musiciens intègrent la formation dont Hugues Dalleau, guitariste, qui jouera un rôle essentiel sur les arrangements des créations à venir. Thierry doit alors tenter de concilier l’esprit originel de Baster et l’apport de musiciens plus professionnels. Retravailler encore et toujours…
En 1993 ce travail de fond porte enfin ses fruits et Baster, qui bénéficiera également d’une semaine de formation (voix et arrangements) au Studio des Variété à Paris, est sélectionné pour participer au Tremplin Découverte du Printemps de Bourges 94.
Une année importante au cours de laquelle Baster aura aussi rendez-vous au Zénith de Paris, en même temps qu’Ousanousava, Gramoun Lélé et Patrick Persée, devant plus de 3000 spectateurs enthousiasmés…
Leur prestation remarquée à Bourges leur permet également de participer au festival Arezzo Wave en Italie où nos fiers représentants font la première partie de Johnny Clegg. Et même s’ils sont conscients qu’il reste encore un long chemin à parcourir, la voie du succès semble tracée.
1990
“Rasine momon papa”. À force d’obstination, de courage, d’engagement et de liesse populaire, la jeunesse rebelle de notre île, fière descendante d’hommes et de femmes épris de liberté, avait donc semble t-il réussi son orgueilleux pari de vaincre enfin l’obscurantisme…
Parmi eux, Baster parvenait désormais à partager ses rythmiques inspirées et novatrices avec un public de plus en plus large et arpentait fièrement les chemins de la reconnaissance en musique sans avoir à briser sans cesse les chaînes perfides de l’intolérance…
En 1990, quelques années seulement après l’avoir occupé sans autorisation et s’en être fait expulser manu militari, Thierry Gauliris et les siens étaient en effet cordialement invités à donner un concert au théâtre de plein air de Saint-Gilles.
L’un des derniers bastions d’une politique culturelle rétrograde qui allait bientôt n’être plus qu’un mauvais souvenir.
Cette même année, riche en événements, Baster donnera naissance à une troisième cassette, “Rasine momon papa”, le compact disc n’ayant pas encore réussi à s’imposer à La Réunion.
Alors que la révolution musicale réunionnaise atteint son paroxysme, Baster ne s’arrête pas en si bon chemin. Pour la première fois de son existence, le groupe qui multiplie les concerts sur l’île va également avoir l’opportunité de faire une tournée en France métropolitaine.
Grâce à sa prestation remarquée lors du Festival de Jazz de la MJC Château Morange à Saint-Denis de La Réunion, Baster s’envole pour le Mela (Musiques Ethniques Librement Adaptées) de Bordeaux. Ces fiers représentants d’un maloya électrique inventif séduisent un public médusé. Enchaînant pour la première fois avec le festival d’Angoulême et un concert au New Morning, deux rendez-vous que Baster connaît désormais très bien, la formation entraînée par Thierry Gauliris rentre donc à La Réunion plus déterminée que jamais à poursuivre sa route.
Cette même année, pourtant, un concert est organisé par l’Office Départemental de la Culture à l’Olympia à Paris, “La Réunion des musiques”. Baster, comme d’autres groupes du Sud de l’île, n’est pas convié à participer à l’événement et un kabar contestataire est mis sur pied à Saint-Pierre le même soir par le Front Culturel Sud entraîné par Gaston Hoareau, le frère de Danyel.
1988/1989
“Mon péi mon lémé”. En 1988 Thierry Gauliris est objecteur de conscience. Initié à la photographie par Claude Testa quelques années auparavant, il continue donc d’exercer ce qui est devenu son métier dans le cadre de son service national civil, sans négliger pour autant sa passion, la musique.
Thierry, Guito, Nano et les autres membres du groupe ont mûri et le combat commence à porter les fruits du développement harmonieux auquel nos jeunes artistes ont toujours aspiré.
Si Baster continue à créer au sein de Lantant Maloya, la scène culturelle de La Réunion s’élargit et de nombreuses mutations commencent à modifier fondamentalement l’environnement de l’île.
Ainsi c’est au studio Piros de Saint-André, propriété de Pierrot Rosely – célèbre chanteur de variété tropicale –, que Baster enregistrera sa deuxième cassette “Mon péi mon lémé”. Cette fois Baster est son propre producteur et les prises de sons, réalisées par Jean-Louis Deny, s’étaleront sur près d’un mois avec des moyens techniques désormais dignes de ce nom.
Des possibilités d’expression qui font la part belle à de nouveaux discours rattachés à une histoire récente, à un combat toujours d’actualité, mais sans doute plus que jamais à l’Histoire et à la tradition métissée, entre Inde et Afrique, entre Europe et Madagascar, de ce quartier inspirateur que restera à jamais Basse-Terre.
C’est aussi à ce moment là que La Réunion s’anime de concerts colorés… Baster fait sa première scène officielle dans le quartier du Moufia à Saint-Denis et à ses côtés Ousanousava et Ravane participent activement au bouillonnement culturel qui ébranle les conservatismes.
1984/1987
Lantant Maloya. Parce qu’il est profondément ancré dans la tradition réunionnaise, Baster n’hésite pas à troquer parfois ses instruments contre le sabre pour donner un coup de main aux amis du mouvement dans les champs de cannes à sucre. Une démarche militante, intimement liée à la création artistique et sans laquelle rien, sans doute, n’aurait pu exister.
C’est à cette époque que Baster intègre également “Lantant maloya” qui regroupe plusieurs formations dont Les Flamboyants entraînés par Danyel Waro, Fénoir ou encore Ousanousava.
Une fédération de groupes musicaux bien décidée à faire tomber les derniers bastions du néo-colonialisme et à permettre à la liberté d’expression de triompher.
En 1986 les groupes de Lantant enregistrent une cassette, “Konyé”, et décident d’organiser la zourné internasyonal Kréol.
L’autorisation est refusée mais Baster et ses dalons décident alors de braver cette interdiction dans une ambiance de tension extrême…
Plus tard, Lantant décidera d’investir le théâtre de plein air de Saint-Gilles où il semble impossible, malgré de multiples sollicitations, qu’elle puisse y faire vibrer ses rythmes contestataires. Là encore la réaction des autorités est implacable…
Le maloya, traditionnel et électrique n’était pas encore entré dans les mœurs et continuait de représenter alors une menace pour l’ordre établi. Il était l’expression de revendications identitaires dont personne, ou presque, ne voulait entendre parler…
1983
“MKBT”. La première cassette.
C’est Gilbert Pounia, leader de Ziskakan – véritable porte-drapeau de la révolution culturelle à La Réunion – qui, séduit par l’enthousiasme des jeunes membres de Baster, propose au groupe d’enregistrer leurs créations sur ce qui allait être la première cassette du groupe. Mouvman Kiltirel Basse-Terre.
1981/1982
Linité in nasyon rényoné. En 1981 l’association Mouvman Kiltirel Basse-Terre est créée à l’initiative d’Alain Joron, dont l’objectif principal est la reconnaissance de l’identité culturelle réunionnaise.
Au-delà des activités culturelles telles que l’astronomie, le théatre…….
la musique donnera naissance au groupe Baster (traduction créole du nom du quartier de Saint-Pierre, Capitale du sud de la Réunion )
Aux côtés de groupes comme, Ziskakan, Danyel Waro, Firmin Viry et quelques autres, le groupe musical de l’association commence donc à créer et à répéter des titres d’un maloya électrique et éclectique, afin de pouvoir rapidement offrir au public le plaisir de découvrir leurs premiers chants d’espoir.
C’est en 1982 qu’a lieu le premier événement musical pour le groupe. Un grand “kabar” réunissant les principales formations de l’époque est organisé dans le quartier où règne une ambiance exceptionnelle et Thierry, Nano, Guito, Julianne